Skip to content

Égypte : visiter le Caire et s’en imprégner au gré de sa ferveur.

Égypte : visiter le Caire et s’en imprégner au gré de sa ferveur.

Le Caire peut être une porte d’entrée sur l’Egypte, cette première image que l’on gardera du pays, celle qui marquera son voyage. Mais elle peut en être aussi la toute dernière, l’agrégation de ces souvenirs en pagaille accumulés au fil des jours. Le Caire fut pour nous cette porte de sortie, cette ultime page de ce carnet de voyage. Mais étrangement, elle est aussi cette toute première que j’ai envie de partager avec vous aujourd’hui, tant la découverte du Caire a été un petit voyage à lui tout seul.

Le Caire

Égypte : visiter le Caire et s’en imprégner au gré de sa ferveur.

Après vous avoir introduit ce nouveau carnet de voyage égyptien à travers une nouvelle page de ma série Portraits d’Orient, il est temps d’entamer le récit de ce voyage comme il se doit. Je me rends compte que les mois ont filés à une vitesse folle et que cela va bientôt faire un an que ce voyage a eu lieu. Ca semble si fou, tant cela parait loin mais paradoxalement si proche. Je réalise en vous écrivant ces articles, qu’inconsciemment, j’ai volontairement repoussé l’échéance comme pour ne pas réellement devoir/avoir à tourner la page de ce voyage qui a chamboulé bien des choses pour moi. Comme si, le fait ne pas vous le raconter encore sur le blog, le laissait encore tout présent ici, au quotidien, dans ma tête et mon coeur. C’est quelque part idiot, puisqu’il y a eu bien d’autres voyages depuis ! Oui, mais voilà, je crois bien n’être jamais vraiment revenue de celui-ci et il reste à ce jour, indéniablement le plus beau voyage de ma vie. Il m’aura ainsi fallu près d’un an pour vous le raconter (enfin) et accepter tant bien que mal de tourner la page pour de bon. Vous dire que je ne rêve que d’une chose, y retourner, relèverait du plus bel euphémisme qui soi !

Sofitel El Gezirah

Le Caire, Sofitel El Gezirah

Ayant vécu un véritable rêve éveillé en naviguant sur le Nil à bord du Steam Ship Sudan de Voyageurs du Monde, le choc est quelque peu brutal de quitter la quiétude de cette douce croisière et de ces premiers jours, en (re)gagnant la ferveur chaotique du Caire. Laisser dernière nous ces quelques jours sur le bateau d’une parenthèse comme suspendue, pour s’enivrer le temps d’une petite journée de la rutilante ville du Caire. Oublier la campagne pour se remettre dans le bain citadin avant de rentrer en France.

Une belle transition me diriez vous, mais néanmoins, je ne peux que vous inviter à faire l’inverse ! Nous avons été dans une telle bulle durant ce voyage, en savourant chaque escale du bateau, chaque visite de temple, que cela a été vraiment difficile de revenir ainsi à la civilisation et qui plus est dans une ville aussi grouillante et bruyante que ne l’est le Caire ! Préférez donc visiter la ville en premier pour poursuivre ensuite votre découverte de l’Egypte sur un rythme plus doux avec la découverte des pyramides et des temples.

Le Caire, Sofitel El Gezirah

Le paradoxe est quelque peu saisissant en arrivant au Sofitel El Gezirah où nous passerons notre dernière nuit cairote. Grimper les innombrables étages de cette tour qui domine la pointe de l’île de Gezirah et y découvrir cette vue imprenable sur le Caire. Le paysage se dessine sous nos yeux, les rives ondoyantes de dunes de sable, palmeraies et autres temples qui nous accompagnaient jusque là, laissent place à une skyline d’immeubles dissimulés sous ce voile brumeux où chaleur et pollution s’entremêlent.

Le Caire, Sofitel El Gezirah Le Caire, Sofitel El Gezirah Le Caire, Sofitel El GezirahLe Caire, Sofitel El Gezirah

L’hôtel sera aussi le joli souvenir de cette ultime soirée tous ensemble, sur cette terrasse en bordure du Nil au coeur des jardins de ce dernier, autour d’un énième repas empli de mezzé. Une jolie manière de boucler la boucle, en écho à tous ces repas ensemble, comme pour étirer un peu plus ces instants entre nous ! Et puis surtout, l’occasion pour chacun de réaliser réellement cette folle semaine égyptienne que nous venions de vivre, en ressassant ces flopées de souvenirs, ces moments partagés, ces fous rires et ces sourires par milliers. Quelle étrange sensation que de partir avec des (presque) inconnus et d’en revenir avec une belle bande copains. D’ailleurs, à l’heure ou je vous écris ces lignes, nous ne tenons plus en place et comptons les jours avant de nous retrouver tous ensemble dans un mois, presque un an jour pour jour après ce voyage, pour vivre un joli week-end retrouvailles de notre chère #TeamPyramides ! ♡

Le Caire Le Caire

Parc Al-Ahzar

Avant de visiter le Caire et de s’embourber à travers le dédale du souk, c’est au gré des allées vertes et d’un déjeuner dans le parc Al-Ahzar que nous découvrons et déposons un premier regard sur la ville. Si le lieu vaut le détour bien plus pour son architecture que pour sa cuisine, l’endroit semble lui, comme niché dans un écrin hors du temps, tant l’agitation du Caire semble loin. Comme si le parc en était hermétique alors qu’on pourrait presque ressentir celle-ci en apercevant au loin les minarets élancés de l’incroyable mosquée Mohammed-Ali qui percent la vue que nous surplombons depuis le restau Studio Misr. Une parenthèse de fraîcheur avant de gagner la chaleur du coeur de la ville.

Le Caire, Parc Al-AhzarLe Caire, Parc Al-Ahzar Le Caire, Parc Al-Ahzar

La chaleur a beau être écrasante, comme tout au long de cette semaine en Egypte, où nous sommes encore au-delà des 45° cette après-midi là; je ne peux me résoudre à ne pas savourer ces quelques heures dans la capitale pour m’en imprégner, ne serait-ce qu’un peu. La curiosité est bien trop grande, la soif d’en découvrir toujours bien trop avide. On se laisse porter par notre chauffeur et notre guide Hala les yeux fermés à travers ce coeur bouillonnant que représente le Caire. Elle nous raconte que la capitale compte près de 20 millions d’habitants dont 16 millions sont résidents et environs 4 millions y viennent chaque jour pour travailler, étudier ou pour tout autre rendez-vous médical, etc.

Le Caire Le Caire

J’avais toujours été grandement impressionnée de l’étalement urbain du Caire lorsque nous avions l’occasion de l’étudier en cours de Master à la fac; mais l’impression en est réellement tout autre une fois au coeur de celle-ci, comme démultipliée. L’étalement semble être sans fin, tant horizontalement que verticalement à y regarder de plus près à travers l’architecture. La ville, aux portes du désert n’a cessé de grappiller ce dernier jusqu’à presque s’y mêler. Le sable du désert n’est jamais bien loin, tant dans le sol sablonneux que dans l’air ou il se fond à la pollution. En traversant certains quartiers, je reste parfois surprise par la fragilité, le dénuement de certains, où l’on aurait presque l’impression de faire un bond dans le temps, tant la pauvreté est palpable. On croirait par endroit à une zone de guerre bombardée. Mes yeux s’écarquillent, interpellés par cette architecture de pierres ou de nombreuses maisons ou immeubles ne semblent jamais réellement finis, en dénote la présence comme de travaux « en cours » avec ce béton et ces chainages visibles. Hala m’expliquera que s’il y a autant de constructions, c’est en partie dû à la forte natalité en Egypte, donc proportionnellement au Caire cela soulève un besoin de logements importants et l’étalement urbain étant déjà à un tel point, que la solution revient à bâtir sur des terrains déjà construits en surélevant les maisons/immeubles déjà existants, laissant ainsi un aspect « inachevé ».

Le Caire Le Caire Le Caire Le Caire

A mesure que nous gagnons son coeur battant, je sens cette ferveur se dessiner à pas feutrés. On croirait à une vraie fourmilière tant cela grouille de toutes parts. Le Caire se dessine sous mes yeux comme un joyeux bordel organisé, où le chaos semble en réalité d’une finesse cartésienne à toutes épreuves ! Les sens sont en éveils, l’ouïe en émoi et je ne peux que comprendre de plus bel à quel point j’aime cela. Je me complais dans cette agitation sans faille, cet assourdissement sonore, moi qui ai en horreur le silence je ne peux que me sentir pleinement dans mon élément. Aujourd’hui, cela me rappelle Bangkok il y a peu, il y avait exactement ce même sentiment, ce même bonheur d’être comme happée par ce tourbillon. Ce brouhaha qui semble planer dans l’air, ce bourdonnement incessant qui irradie en arrière fond. Les klaxons qui tintent à tout va, l’adhan qui retentit et les voix au gré des rues et des carrefours qui s’élèvent et se mêlent, cet arabe que je trouve si chantant à entendre et écouter. J’ai beau être étrangère à l’islam, cette religion et cette culture; et je ne saurais trop dire si ce ne serait pas là qu’un écho à ma foi chrétienne, mais je ne peux m’empêcher d’avoir comme la chaire de poule en écoutant le muezzin à chaque adhan, peu importe le pays musulman dans lequel je me trouve. Je me souviens à quel point cela m’avait marqué la toute première fois que j’ai entendu un adhan, à la Réunion, au réveil un matin, lorsque ma soeur habitait tout bonnement… à côté d’une mosquée!

Le CaireLe Caire Le Caire

Souk Khan-El-Khalili

Les pont s’enchevêtrent à l’image des étales en bordure des rues qui grignotent immanquablement et à vue d’oeil les trottoirs, et nous finissons par laisser derrière nous le bus pour plonger pour de bon dans cette ferveur bouillonnante au coeur de la vieille ville. On suit Hala à la trace et nous engouffrons par-delà ces immenses murs d’enceinte de l’ancienne ville à la rencontre du dédale du souk Khan-El-Khalili.

Le Caire, Souk Khan-El-Khalili Le Caire, Souk Khan-El-KhaliliLe Caire, Souk Khan-El-Khalili

Quartier haut en couleurs et en saveurs de la mégapole cairote, l’effervescence y est à son comble et telle, que celle-ci peu créer parfois quelques embouteillages dans les recoins des ruelles les plus étroites. Les échoppes s’agglutinent, là où l’artisanat local joue des coudes avec le made in china, l’architecture branlante et vieillissante apparait bien pâle face à la grandeur des vestiges architecturaux de l’époque Mamelouk.

Le Caire, Souk Khan-El-Khalili

Le Caire, Souk Khan-El-Khalili

Le Caire, Souk Khan-El-Khalili

Le Caire, Souk Khan-El-Khalili

Le Caire, Souk Khan-El-Khalili

La nuit tombe peu à peu et nous offre de rencontrer une nouvelle facette de la capitale cairote, sans lui faire perdre pour autant de son agitation. Cette dernière semble s’apaiser à mesure que les lumières et autres néons colorées s’allument et clignotent ci-et-là. J’ai été ô combien surprise et amusée à voir à quel point les égyptiens adore les néons de couleurs, notamment sur les voitures ou les petits bateaux, transformant ces dernier en véritable boite de nuit flottante sur le Nil ! Les échoppes commencent à baisser les grilles et le marchandages et autres attraits touristiques laissent place à un tout autre rythme, comme si le quotidien des habitants reprenaient doucement le dessus. Comme souvent, c’est ce genre de scène que j’affectionne à partager et photographier. Ces petites bribes du quotidien, ces visages furtifs; sur lesquels j’ai envie de terminer cet article sur le Caire et qui fait joliment écho je trouve, à ces souvenirs que je veux garder de cette ville, cette vie.

Le Caire, Souk Khan-El-Khalili

Le Caire, Souk Khan-El-Khalili


Un immense merci à Voyageurs du Monde pour cette invitation rêvée et leur confiance, ainsi qu’à mes compagnons d’aventures (coucou la #TeamPyramides ! ) pour avoir rendu ce voyage si mémorable et sans qui l’aventure n’aurait pas été la même !

8 comments

  • Aurore

    avril 20, 2017

    Tu n’as as senti de tension compte tenu de la situation politique du pays ?
    L’Egypte compte aussi au nombre de mes rêves de voyage !

    • Vagabondanse

      avril 20, 2017

      En toute sincérité, absolument pas :) Pourtant, une semaine avant que je n’y aille, il y avait eu le fameux crash d’avion… alors ca aurait pourtant du ! Mais en réalité, la région de la vallée du Nil est on ne peut plus safe. En tout cas, ce voyage date d’il y a 1 an, et vraiment, je n’ai absolument pas ressenti de tension ou de craintes ou quoi que ce soit.
      Le pays est malheureusement si déserté par les touristes, que je ne peux que t’encourager à y aller, c’est finalement la meilleure période si tu veux visiter le pays et te retrouver dans des temples millénaires, quasi désert et avoir le sentiment de les avoir pour toi toute seule ! :)

  • Pauline

    avril 19, 2017

    Les scènes de vie que tu as capturé sont (comme d’habitudes) sublimes ♥

    • Vagabondanse

      avril 20, 2017

      Oh, merci beaucoup TOI <3 ! J'espère réussir à en capturer quelques unes lors du prochain voyage... :D

  • samsha

    avril 19, 2017

    Les photos sont vraiment superbes! ça donne envie d’évasion!

    • Vagabondanse

      avril 20, 2017

      Merci ! Le Caire est si fascinant ! Je crois bien qu’il faut le vivre pour le croire, et surtout, le percevoir :) mais ca vaut vraiment le coup, c’est une telle ambiance !

  • Ornella

    avril 19, 2017

    Tu veux, je n’aurais pas forcément parié sur l’Egypte, comme plus beau voyage d’une vie, mais en lisant ton témoignage et en regardant attentivement tes photos, je comprends qu’il a dû ressortir de cette expérience, une véritable ambiance, en dehors du commun. Ca donne très envie, merci d’avoir partagé ça avec nous.

    • Vagabondanse

      avril 20, 2017

      Merci à toi pour ton petit mot en retour :) J’étais comme toi, avant ce voyage, je n’imaginais pas qu’il chamboulerait ainsi mon petit classement et détrônerait Cuba. Et je crois que tu comprendra d’avantage pourquoi j’affirme que c’est à ce jour le plus beau voyage de ma vie, au fil des prochains articles :) En tout cas, si tu en as l’occasion un jour, fonces ! L’Egypte mérite vraiment que l’on s’y attarde, on ne soupçonne pas forcément toute la beauté de ce pays, de ces gens, de cette culture.

Leave a Reply