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Reflective portraits #4 : De l’autre côté du miroir…

Reflective portraits #4 : De l’autre côté du miroir…

Bien souvent, on dit que c’est avec le temps que l’on apprend, que l’on comprend, que l’on admet la teneur d’une chose, la complexité d’un fait. Parfois, il n’est pas rare que le sablier s’inverse et que l’effet en soit tout autre. La photographie est un domaine ou l’évolution est à mon sens, constante; aussi cyclique que les quatre saisons. On travaille, classe ses travaux, et lorsqu’on y revient des mois plus tard, parfois même à peine quelques semaines, on ne peut plus voir en peinture ces derniers. C’est un défaut comme une qualité. Avoir un tel rejet de son travail, induit que l’espace temps qui sépare l’ancien du nouveau, fut le fruit d’une évolution, bien souvent par le fait même de nouvelles acquisitions, expérimentations. Le goût prend une place prédominante dans la balance. Ce que l’on va mettre en exergue hier, va littéralement nous faire bondir demain. La valeur et teneur du visuel en photographie est si paradoxale, qu’elle en rend le domaine et la pratique bien corsés. L’œil en vient à aller au delà des strates tolérables de l’exigence. Mais ne dit-on pas, pourquoi faire simple lorsque l’on peut faire compliqué ?

Reflective portraits in the forestReflective portraits in the train

Si je ne cesse ces derniers temps de remettre en cause et question mon travail photographique de ces quatre dernières années, avec le temps et le recul, je me rends compte de la tournure qu’a pris à un certain moment mon projet de Reflective Portraits. Souvenez vous, je vous expliquais lors du troisième article, le champs si large de la surface réfléchissante, les possibilités si vastes. Je m’aperçois aujourd’hui, qu’inconsciemment, je me suis mise à privilégier la surface du verre au détriment du miroir.

Reflective portraits with Weltaflex Double exposition

Pensant avoir atteint les limites de l’exercice, j’ai ouvert une nouvelle boîte de pandore avec le verre. Si j’ai jusqu’à maintenant, mis en avant l’aspect esthétique, il en est désormais tout autre. La complexité visuelle prime sur le jeu naïf d’un simple reflet. Je me délecte des différents éléments de composition qui se font jour dans mon viseur. A tâtons, j’ai repoussé les limites du traditionnel, pour mieux m’aventurer et m’exprimer au creux de l’incongruité. Timidement, j’ai joué avec la transparence de ce verre, sa prédominance, son omniprésence, au point de vouloir en devenir presque aussi impalpable et brouillée que le reflet qu’il peut renvoyer.

Reflective portraits Reflective portraits Reflective portraitsReflective portraits Reflective portraitsReflective portraits in New York

M‘effacer pour mieux l’appréhender. M’ôter pour mieux me l’approprier. M’y habituer pour mieux m’y affirmer. Les Reflectives Portraits s’enchainent et je prends conscience du jeu fascinant que m’offre ce verre, peu importe son contexte, sa teneur, ses qualités. Ce n’est pas tant ici, l’originalité du lieu de prise de vue qui importe, mais bien ses différents composants. Ces différentes strates qui altèrent la vision claire, limpide et première. Parfois ce n’est qu’une question de lignes graphiques, de superpositions, d’additions.

Reflective portraits in Stockholm Reflective portraits in Copenhagen

Parfois, la superposition vire à la fusion et aborde ainsi une nouvelle étape dans ce jeu qui me semble infini. Ne dit-on pas, repousser pour mieux sauter ? J’ai appris à mettre des mots sur un projet qui à vu le jour il y a plusieurs années dans la plus parfaite ignorance, tracer une ligne directrice à celui-ci. Il m’a donné matière, je lui ai donné corps et vie. Au fil des clichés, sans le savoir, il s’est approprié de moi. Aujourd’hui, je lui ai donné un nom, une définition et les rôles se sont inversés. Reflective Portraits. Aux prémices, j’étais le contenu et lui le contenant. Désormais, il est le contenu de mon contenant. Les règles sont établies mais sur tout intégrées. Il est temps de les dépasser, d’aller au delà des carcans qui nous rassurent et nous guidaient dans le secret le plus total.

Reflective portraits in Sweden

Si j’aime à privilégier cette surface plutôt qu’une autre, je me surprends aujourd’hui à la guetter, la flairer comme une bête avec sa proie à l’heure du diner. L’œil est à l’affut comme jamais. Il y a quelque chose de salvateur dans la réalisation de ce projet, de ces Reflectives Portraits, une sorte d’introspection. L’envie d’aller au delà de la surface réfléchissante, du reflet  premier que celle-ci peut renvoyer, et véritablement, la questionner. La regarder, pour mieux s’y voir exploser; littéralement, s’y (re)composer.

Reflective portraits in Norway

3 comments

  • Sachie

    février 9, 2017

    J’ai rarement lu des mots aussi juste sur l’évolution en photographie. Cette sensation de rejeter son propre travail quelques mois, quelques semaines, alors qu’à l’instant arrêté, il y a eu ce déclenchement, et cette excitation.
    En tout cas série très intéressante, complexe et complète.

    • Vagabondanse

      mars 12, 2017

      Tu n’as pas idée comme je suis touchée Sachie, vraiment, de lire ton commentaire par ici, et qui plus est, sur CETTE série là qui me tient tant à coeur. C’est idiot, mais ca me fait un petit quelque chose, parce que tu as été à l’époque de Deviantart (ca ne rajeunit pas n’est-ce pas ?! :) ) une grande source d’inspiration :)
      Alors merci beaucoup d’être passée par ici et surtout, d’avoir pris le temps de jeter un oeil et de lire à mon travail.

  • Curiosités et futilités à NY

    octobre 9, 2013

    Très sympa cette série! C’est un jeu auquel je ne suis pas encore vraiment livré mais tu me donnes envie!

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