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Un jour j’irai à New-York avec toi.

Un jour j’irai à New-York avec toi.

Un jour j’irai à New-York avec toi. On a quitté Dublin serein, laissant sécher les fondations que nous venions d’entreprendre. On a quitté l’aéroport de Paris avec la certitude d’un rdv de chantier, gribouillé sur un bout de carnet, mais gravé dans la chape de béton que l’on venait de couler.

Un jour j'irai à New York avec toi

Je suis montée dans cet avion avec les plans sous le bras, te laissant là, avec les crayons et la règle, en sachant pertinemment que la prochaine fois, nous érigerions les murs du rez-de-chaussée. Plus assurés que jamais, après avoir laissé sécher la chape.

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Un jour j’irai à New-York avec toi. Tu ne pouvais pas poser le pied sur le sol canadien. Je ne pouvais pas revenir en France. Le planisphère sorti, chacun sur son continent, nos doigts se rejoignaient au milieu de l’océan. Cela aurait pu être le Groëland ou bien l’Islande. Oui cela aurait pu, la logique cartésienne l’aurait voulu. La raison l’aurait emporté. Mais nous le savons bien, depuis le début, la déraison nous qualifie. Notre histoire n’aurait pas du être, pourtant, la voilà qui est. Ce serait New-York, voilà tout.

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Un jour j’irai à New-York avec toi. Tu as traversé un océan. J’ai traversé la frontière terrestre. Je t’ai quitté sous la grisaille de l’aéroport de Paris au début du mois de janvier pour te retrouver sous la neige fraîche de l’aéroport JFK de New-York à la fin du mois. Je t’ai attrapé par la main et on s’est engouffré dans ce taxi. Celui-ci, celui là et encore celui-ci.

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Un jour j’irai à New-York avec toi. Ô oui je me l’étais dis, je te l’avais dis. Ô oui, mais jamais je n’aurais songé que ce serait si tôt, que ce serait pour ce jour ci de l’année, pour mon anniversaire. New-York, je te l’avais conté. Oui, je t’avais conté cette New York qui est devenue mienne un peu plus au fil des escapades. Je l’ai connu sous la chaleur de l’été, puis sous les couleurs rougeoyantes de l’été indien, et voilà que je la découvrais sous la fraicheur enneigée. Cette fois-ci, elle serait mienne pour la troisième fois, serait tienne pour la première fois ; mais surtout, elle serait notre.

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Un jour j’irai à New York avec toi. Tu voulais faire de New York, mon plus bel anniversaire qui soit, je voulais faire de New York, ta première fois la plus belle qui soit. On a tiré les plans sur la table de chantier, tu as tracé tes traits planifiés, et je suis venue en gommer quelques uns, par ci par là, en relier quelque uns, de ci de là. Tu as ri, surpris. Tu as grogné, amusé. Je t’ai embrassé et on s’est engouffré dans les rues vides de New York en plein mois de janvier.

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On a marché, jusqu’à ce que le froid me glace les pieds et les teigne en bleu. On est allé se réchauffer dans cette petite salle tout au fond de ce restaurant, au près de ce feu, autour de ce brunch plus que délicieux au cœur de Tribeca. Je t’ai emmené jusqu’au sommet de l’Empire State Building sentir nos joues rosir, en observant les éléments virevolter, voir la brume bouchée s’évanouir au fil des minutes et entrevoir les rayons du soleil, pour découvrir New-York jusqu’au Bronx.

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On a savouré d’être seuls au monde, sur l’une des terrasses du Rockfeller, face à New York de nuit, toute illuminée. On est allé courir comme des enfants sur la plage enneigée de Coney Island sous un soleil de plomb et un froid polaire, un vent frissonnant, pour mieux se réchauffer chez Nathan’s à deux pas de là.

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On s’est laissé aller à rêver face aux destinations des tableaux d’affichages de Grand Central Terminal. On a imaginé la vie de ces gens qui se croisent, s’entrecroisent au grès des vas et viens de ces trains, le long de ces quais. Je t’ai entraîné de force à déambuler dans un Central Park désert, au coucher du soleil. Tu t’es amusé à me voir sauter sur les balançoires et ne plus vouloir en descendre, émerveillée d’avoir à nouveau huit ans, et de vouloir rester là, la nuit durant. On s’est amusé de la folie de Times Square, de jour comme nuit. Je t’ai fait découvrir New-York par les hauteurs de la High Line, ou bien par ce pont, ou encore depuis Brooklyn Bridge, des rues et avenues de Brooklyn.

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Un jour j’irai à New York avec toi. Oui, on s’est faufilé, on a marché, déambulé, et cetera et cetera, pour finalement s’oublier aussi. On s’est perdu dans cet appartement. Oui, on s’est perdu l’un avec l’autre au grès de ces murs blancs, de ces livres entassés, de ces portes, ces cadres photos. Il nous a remis les clefs, on a claqué la porte et on l’a aimé. On s’est glissé dans cet appartement comme s’il était le notre, tant il nous ressemblait, tant le hasard avait bien fait les choses. Combien de chances avais-je de loger dans l’appartement de quelqu’un qui fait le métier que je rêve de faire ? Infime. On a fait grincer ce parquet, on s’est habitué à entendre les vieux radiateurs goutter de l’intérieur, on a appris à fermer des fenêtres à guillotine. Oui, on s’est perdu plus que de raison.

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Un jour j’irai à New-York avec toi. Oui, c’est vrai, sur le papier je suis allée à New-York avec toi. Oui, c’est faussement vrai. Car en réalité, c’était plutôt : un jour j’irais à New-York avec vous. Avec Eux. New-York n’aurait pas été sans CE jour. 23 janvier 2014. Le jour se lève à peine et je te vois rayr déjà une ligne de la liste de mes rêves à réaliser. Tu n’en es pas peu fier et il y a de quoi. Je rêvais de passer une fois dans ma vie ce jour si particulier à l’étranger, voilà qui est chose faite. Aurai-je pu imaginer dès lors qu’il serait inoubliable à ce point ? A peine 24h que nous étions là, que nous reprenions en mains le chantier, sur ce terrain si malmené par les intempéries, il y a encore quelques mois. Un assèchement, un remblayage et il était comme neuf. A peine 24h que nous posions les premiers parpaings et voilà qu’en l’espace de 24h tu allais monter un mur entier à toi tout seul.

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J’ai souri en voyant mes fleurs préférées au creux de tes mains. J’ai ri en découvrant cette petite bougie planté au milieu de cette assiette à coté du muffin. J’étais bien. Oui bien, mais bien loin d’imaginer le revers de médaille qui allait suivre. Oui, ce matin là, je t’ai souri, j’ai ri aux éclats et…je me suis effondrée. Tu as monté ce mur seul pendant mon absence, j’ai grimpé la marche pour accéder à la chape de béton et tu m’as laissé seule face à celui-ci, me décomposer. Tu as ouvert ton ordinateur, as appuyé sur le bouton lecture et tout s’est arrêté.

Cette vidéo, CETTE musique, CE visage. Tu savais qu’en commençant par ce parpaing, par Lui, tu me perdrais. Puis toutes ces briques ensemble, tous ces visages, amis, famille, la surprise pour certains. Oui je suis venue à New-York avec toi, sans imaginer qu’ils seraient là, eux aussi.  Quel cadeau. Quelle journée. Quelle soirée. Te voir sur ton 31 m’emmener diner dans ce restaurant avec cette vue panoramique à 360° sur New-York.

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Un jour j’irai à New-York avec toi. Oui, un jour je suis venue à New-York avec toi, dans cet appartement au cœur de Brooklyn, dans cet hôtel au cœur de Manhattan à regarder par la fenêtre les flocons s’abattre contre la ville devant le Chrysler illuminé. Oui, un jour je suis venue à New-York avec toi, j’ai sorti les plans et malgré la neige et le froid, nous avons repris le chantier. Un mur, puis deux, une pièce, puis deux. Une semaine à peine a suffit pour voir le rez-de-chaussée sortir de terre. Tout juste une semaine, pour confirmer les certitudes de l’Irlande, repasser au feutre noir les traits au crayon de papier.

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Un jour je reviendrai à New-York avec toi. Je t’ai pris la main dans ce taxi pour l’aéroport, comme j’ai posé l’escalier en face de la porte d’entrée. Je t’ai laissé dans cet aéroport de JFK avec les plans du chantier. Cette fois-ci, ce serait à ton tour de les ramener lorsque tu traverserais pour de bon l’océan pour me rejoindre. Je suis montée dans cet avion pour Montréal avec la certitude d’une nouvelle réunion de chantier, de savoir le rez-de-chaussée solide, prêt plus que jamais à accueillir la chape du premier étage. Prêt à soutenir les futurs étages à venir.

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Un jour je suis allée à New-York avec toi. 

18 comments

  • Wally

    février 26, 2017

    J’arrive bien tard ;), mais peu importe, ton récit est super émouvant, j’ai eu les larmes aux yeux, mon coeur a palpité…
    j’aime beaucoup les vidéos de Jérémy, ce que je retiendrai de celle là, c’est l’amour et la joie qui s’en dégage, j’aime voir des gens amoureux et heureux
    merci à vous pour ce joli partage (je crois savoir que vous en êtes à la charpente, peut être même au toit? :) )
    j’ai visité NY avec 30° à l’ombre, mais je compte bien y retourner en hiver… dans 4 ans ;)

    • Vagabondanse

      février 28, 2017

      Il n’est jamais bien tard :) Ce blog est un livre dont on peut feuilleter les pages à tout moment !
      Infiniment merci pour ces si jolis mots, je suis très touchée :) Cela fait vraiment chaud au coeur ! L’histoire continue de s’écrire et la maison, de se bâtir un peu plus :)
      Il est vrai que NY en hiver, a ce petit quelque chose de magique ! Pour l’avoir fait à presque toutes les saisons, je crois bien que c’est sous le froid et la neige que je préfère cette ville <3 Il y règne une telle ambiance, bien loin de l'afflux touristique de la saison estivale.

  • Nicolas

    mai 11, 2015

    Bonsoir, vous êtes très douée! Les textes, les photos, les vidéos… tout est parfait et surtout : merci pour le partage!

    • Vagabondanse

      mai 14, 2015

      Oh, mais merci à vous Nicolas :) Je suis très touchée et ravie d’avoir pu vous transportez à travers mes photos et récits :) C’est toujours un petit bonheur que de savoir que cela touche au delà de l’écran virtuel !

  • Jeremy

    juillet 25, 2014

    Tellement content de découvrir ce récit de voyage, de voir, et lire comme tu l’as vécu. On y a laissé une partie de nous à New York, prêts à bâtir plein d’étages :) Content de faire partie de cette belle aventure. Content de voir comme tu as vécu ce beau séjour, assez inoubliable pour ma part :) <3

    • Vagabondanse

      août 22, 2014

      <3<3 Ô que oui, c'est indéniable, on y a laissé une sacrée partie de nous. Plus enracinée que jamais, prête à accueillir les suivantes :) !

  • Marion

    juillet 25, 2014

    Très bel article, tu transmets si bien tes émotions, tes photos sont splendides, les vidéos associées sont magnifiques, j’en reste sans voix. Merci de nous faire partager tous ces beaux moments!

    • Vagabondanse

      août 22, 2014

      Le partage n’en est que plus beau avec d’aussi beaux et touchants retours comme le tien. Merci beaucoup Marion :) Il n’est jamais évident de se mettre à nu ainsi, et de dévoiler une grande partie de sa vie privée, de son intimité. Parfois, on se laisse aller a nos sentiments, l’émotion gagne le dessus et on se lance chancelante pour finalement en ressortir plus sereine et certaine que jamais avec d’aussi jolis mots. Merci <3

  • Soufi

    juillet 25, 2014

    J’aime pas lire, tout du moins j’arrive pas à me poser et lire…Pourtant lire ton blog est une réelle source d’inspiration et d’évasion pour ceux qui comme moi ne rêvent que de voyager à travers le monde ! Merci ;)

    • Vagabondanse

      août 22, 2014

      Le plus joli compliment qu’on puisse me faire, merci MERCI Soufi <3 :) ! J'espère poursuivre sur cette lancée et continuer à te donner envie de lire encore et encore par ici !

  • lise-Marie Hocdé

    juillet 25, 2014

    J’en ai lu des articles, j’en ai eu des émotions, des préférences qui ne peuvent même pas se démarquer tant que tout est toujours aussi magique mais je sais pas comment expliquer que cet article m’a foutu une grosse claque émotionnel… les frissons & les larmes se sont faufilés au gré des lectures et des photos. C’est lorsque je me suis retrouvée figée à un moment donné que j’ai compris ce qui m’arrivais : Comme si j’y étais et comme si je te connaissais réellement Sam. C’est troublant comme sensation. NY sous la neige c’est… cristallisant, envahissant et très émotionnel. La vidéo de tes proches m’a totalement chamboulée ( ça doit être mon coté sensible :D ) j’ai trouvé ça tellement magique , je crois que c’est à ce moment là que mes émotions sont partis en feu d’artifice. Et la vidéo de fin de Jérémy que j’avais déjà pourtant bien regardé, je ne m’en lasse pas, elle me fait toujours autant vibrer : cette manière de réussir à la perfection d’acheminer les détails au moment où il faut, d’entremêler votre amour au paysage enneigé de NY , une aventure amoureuse fraichement chaleureuse ! :)

    • Vagabondanse

      août 22, 2014

      Comme tes mots me touchent Lise Marie, tu n’as pas idée, vraiment. Toi qui me suit depuis tant d’années, savoir que ce texte t’a particulière émue…infiniment merci <3
      J'ai longuement hésité avant d'insérer dans l'article la vidéo de mes proches, mais ils furent un tel élément clef de cette escapade New-yorkaise. La clef de voûte de cet anniversaire incroyable, que je ne pouvais me résoudre à laisser l'article si bancale en ne l'insérant pas. :)

  • LadyMilonguera

    juillet 25, 2014

    je ne m’attendais pas à ça en cliquant sur ton article… j’en reste sans voix… vraiment très beau…

    • Vagabondanse

      août 22, 2014

      La surprise est belle alors ?! Merci beaucoup :)

  • katia

    juillet 25, 2014

    Le texte, les photos, c’est parfait :) Tellement d’émotions en te lisant, en regardant les photos défiler, ce si joli récit avancer.Juste parfait.

    • Vagabondanse

      août 22, 2014

      Merci ma belle :) <3

  • Joelle

    juillet 25, 2014

    Magnifique, sublime, tendre, je ne te connais pas et pourtant les larmes me sont montées aux yeux en lisant cette déclaration d’amour (à ton homme, aux voyages, à New-York, à la vie) et en voyant cette vidéo… <3

    • Vagabondanse

      août 22, 2014

      Fiou, eh bien Joelle, infiniment merci. J’avais le coeur serré en écrivant cet article, les larmes non loin de là, et je suis si touchée de voir que l’émotion s’est senti à ce point, s’est déversé de cette manière pour réussir à vous atteindre. Quel beau cadeau, je n’en espérais pas tant :)

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