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Israël : Jérusalem, immersion en terre sainte.

Israël : Jérusalem, immersion en terre sainte.

Dernière carte postale de ce voyage en Israël, Jérusalem était attendue avec grande hâte. Après la surprenante Tel Aviv-Jaffa et les paysages grandioses de la Mer Morte, j’étais impatiente de pouvoir noircir la dernière carte postale de ce voyage et refermer de la plus belle des manières cette parenthèse à travers cette immersion en terre sainte. Seulement, je n’imaginais pas que l’émotion serait si présente et prenante et viendrait s’immiscer à l’impatience.

Israël : Jérusalem, immersion en terre sainte.

Ce voyage fut un condensé d’intense, de frénétique, que vous ne cessez d’accumuler machinalement sans pouvoir réellement saisir sur l’instant ce qui est en train de se passer. Tout était si fou depuis le début, l’émotion déjà si palpable au sommet de cette colline du côté de la mer Morte à deviner au loin le dessin de Jérusalem; qu’elle ne pouvait qu’en être, une fois de plus, intense en arrivant ce soir là aux portes de la vieille ville sur le non moins mythique Mont des Oliviers.

Le Mont des Oliviers

Le coeur est à la fois serré de découvrir à distance, séparée par la vallée du Cédron en contre bas, celle qu’on murmure « The Holy City » avec en point d’orgue l’or du Dôme du Rocher que l’on devine au loin et qui rayonne sous l’orée de cette fin de journée; mais il l’est également car nous savons que nous partageons là nos derniers instants avec Baron, notre guide. Nous savions par avance que nous aurions un autre guide pour la visite de Jérusalem, mais nous ne pouvions malgré tout réprimer cette déception de ne pouvoir garder Baron avec nous jusqu’au bout, tant nous nous sommes liés au fil du voyage et connaissions son amour pour sa terre natale qu’est Jérusalem.

Il y a comme une pesanteur sereine qui flotte dans l’air ce soir là. Un irréel qui enveloppe à travers ces rayons du soleil qui percent les nuages et viennent faire rayonner Jérusalem. Une aura qui me fila littéralement la chair de poule. Quelque chose de si indescriptible et pourtant si prenant, si tangible dans le ressenti. Par choix, je ne me suis jamais épanchée par ici sur ce sujet tant il ne m’apparait pas principal ni primordial, mais il m’est difficile de passer outre en vous racontant Jérusalem. :) L’émotion est en effet grande pour la fervente catholique que je suis, que de voir les pièces du puzzle s’imbriquer de la sorte sous mes yeux. Je peine à réaliser ce qui se passe, ces lieux si mythiques et fondamentaux de la (ma) foi chrétienne, être à portée de doigts, se deviner sous mes pas.

Comme un dernier petit cadeau de la part de Baron, nous nous imprégnerons de Jérusalem à travers cet inoubliable coucher de soleil depuis le Mont des Oliviers. On croit rêver en regardant le soleil décliner et venir auréoler l’abbaye de la Dormition. Le tableau n’aurait pu être plus magique, plus biblique ! Découvrir Jérusalem ainsi, par cette première image depuis le Mont des Oliviers, avec à nos pieds le plus grand cimetière juif au monde restera pour moi un souvenir marquant et à part de ce voyage. J’attendais tant de ce voyage, cette rencontre en quelque sorte avec Jérusalem, après tout ce qui venait de se passer dans ma vie au cours des derniers mois et surtout, ce décès. Si bien que ce tout qui s’était jusque là comme, cristallisé, était subtilement en train de se dissiper peu à peu, pour de bon.

La vieille ville

C’est au petit matin le lendemain que nous rencontrons Elie et partons à la rencontre de Jérusalem, la ville sainte, carrefour des trois religions monothéistes. L’impatience est à nouveau palpable sous cette belle journée qui se devine derrière ce ciel bleu immaculé. Nous le suivons au gré des ruelles jusqu’à gagner l’impressionnant mur d’enceinte de la vieille ville.

A mesure que nous approchons du coeur de Jérusalem, le relief vallonné nous offre certains points de vue sur la ville, comme ici. On devine au loin quelques pans de ce fameux « mur de sécurité » érigé entre Israël et la Cisjordanie. Cela semble quelque peu insensé à observer et me rappelle quelque part Berlin, et la vision à quelques endroits de la ville de certains morceaux de l’ancien mur qui séparait Berlin Est et Berlin Ouest. C’est un sentiment étrange que d’observer cela ainsi et ça tend dans une certaine mesure à nous ramener à la (triste) réalité et aux tensions sous-jacentes de la région. Si jusqu’à présent nous n’avions absolument pas ressenti celles-ci ou ces discordes politiques, alors même que nous avions traversé la veille la Cisjordanie pour pouvoir nous rendre à Jérusalem depuis la mer Morte; cela commençait peu à peu à apparaitre sans néanmoins généré une sensation d’insécurité, loin de là.

Zion Gate

Il y a bien des manières d’aborder la visite de la vieille ville de Jérusalem et notre guide optera pour Zion Gate l’une des huit portes qu’arbore le mur d’enceinte, avec la visite non loin de l’abbaye de la Dormition, attaché à la célébration de l’Assomption de la Vierge Marie.

A peine avons nous passé les larges murs d’enceinte que nous sommes instantanément plongé dans l’essence même de Jérusalem, en son coeur multiple où juifs, chrétiens, musulmans et arméniens cohabitent. On se fraye un chemin au gré de ces ruelles pavées et retrouvons cette fameuse pierre de Jérusalem qui orne l’architecture et que nous avions déjà aperçu à Tel Aviv-Jaffa. Les quelques touristes en nombre se mêlent aux jeunes hommes et femmes en tenues que l’on aperçoit près des portes de la ville et donne l’occasion à Elie de nous rappeler que le service militaire est obligatoire ici, 2 ans pour les filles et 3 ans pour les garçons.

En pénétrant par Zion Gate on se mêle d’une rue à l’autre au quartier arménien et au quartier juif. On vogue au coeur de ces derniers, de ces venelles étroites et de cette vie que l’on devine ci-et-là aux abords d’une terrasse, à travers l’entrebâillement d’une fenêtre ou d’une porte, ou encore une cour intérieure que l’on aperçoit en tendant l’oeil, un brin curieux. Il y a une certaine quiétude ordonnée qui rend ce quartier bien lisse, bien propre, quelque peu à l’image de ce à quoi je pouvais m’attendre. Les visages et sourires croisés sont quelque peu timides, les regards détournés.

On se laisse porter jusqu’à cette percée, ou l’on devine avec amusement le Mont des Oliviers où nous nous trouvions la veille en arrivant. D’un côté comme de l’autre, le cimetière en son versant en est toujours autant impressionnant. Tout au long de la visite et des commentaires d’Elie, je vois les souvenirs de mes cours d’art islamique en licence ressurgir dans ma tête, revois tous ces cours, ces noms, ces visuels aussi, ces découvertes et renoue au fond de moi avec cette passion et curiosité déjà si prenante à l’époque pour cette région, cette histoire là, cette culture.

Le mur des Lamentations

Nous savourons chaque étape de cette rencontre avec Jérusalem, jusqu’à tourner la tête subitement et l’apercevoir alors, ce fameux Mur des Lamentations. La surprise est grande et il y a comme un sentiment de précipice qui m’envahit alors. Une fois de plus, ce lieu représente tant, relique la plus célèbre de la Jérusalem antique. Si comme souvent, il m’apparait plus « petit » que dans mon imaginaire, j’étais bien loin du compte au regard de l’émotion qu’il renferme et irradie. De nouveau, c’est bel et bien indescriptible.

L’ambiance est aussi prenante que lourde et à la fois diamétralement opposée de part et d’autre de cette barrière séparant hommes et femmes. Je regrette l’inégalité de cette séparation et l’inaccessibilité à la salle de prière sous la voute où selon les dires des garçons après cou, est saisissante de beauté et de communion. Le silence est brisé par le souffle court et les pleurs entrecoupés des récitations de prières de notre côté, tandis qu’il semble régner en maître absolu de l’autre côté du paravant dans une certaine retenue. La promiscuité et l’affluence des femmes ne font qu’accroître l’émotion à fleur de peau. Qu’importe l’appartenance religieuse de chacune, toutes sont animées par cette foi et il en dégage une telle force, une telle osmose. Chacune semble être à la fois dans sa bulle et aussi en communion avec les autres. Il y a une telle mise à nue, un tel don de soi dans la plus grande simplicité, la plus belle évidence, la plus touchante sincérité. Les voix s’entremêlent, les murmures au mur s’entrelacent et les petits bouts de papiers s’immiscent dans les moindres failles de celui-ci.  Il y a une aura qui irradie, une nouvelle fois, à vous en filer la chair de poule.

Que l’on soit croyant ou non, il est impossible de rester de marbre face à un lieu chargé d’histoire où l’émotion est aussi électrique que ne l’est l’intemporalité qui enveloppe ce dernier. Nous en ressortirons très chamboulées avec Marine et me retrouverais quelque pantelante en me reconnectant au tumulte ambiant des rues avoisinantes. La vieille ville de Jérusalem est un monde en soi regroupant une multitudes de facettes, de visages, de petits mondes; et le Mur des Lamentations en est un à part entière où le négatif semble être proscrit au profit de l’espoir qui en irradie.

Après cette parenthèse suspendue, nous retrouvons les méandres de la vieille ville et nous perdons avec plaisir dans le quartier musulman. A l’inverse du quartier juif et arménien et de leur quiétude, je ne suis que joie à l’idée de retrouver tant de vie, tant de ferveur, qui me replongent instantanément dans mes souvenirs jordaniens et égyptiens. Il y a un tel brassage, un véritable tourbillon dans lequel on se sent entrainé et à travers lequel on prend plaisir à se laisser porter. Les sens sont en éveil, les effluves constantes au gré des diverses étales ci-et-là. Je ne peux m’empêcher d’immortaliser ces instants, ces bribes de quotidien, ces visages croisés.

La vieille ville de Jérusalem est un véritable labyrinthe à travers lequel vous pouvez très vite vous perdre tant certains passages couverts, certaines ruelles se ressemblent. Si comme moi, vous avez un excellent sens de l’orientation et avez ce besoin constant de vous orienter et d’assembler dans votre tête les pièces du puzzle que vous construisez au fil de votre visite, alors vous pourrez très vite vous retrouver bien désarçonné dans ce dédale. Mais il y a aussi d’un autre côté, cette part de plaisir que de s’aventurer ainsi à l’inconnu, seulement guidé par ses sens.

L’église du Saint-Sépulcre

D’un quartier à l’autre, après l’effervescence du secteur musulman nous regagnons la quiétude du secteur chrétien et notamment, en parvenant à l’Eglise du Saint Sépulcre. Cette dernière est l’ultime point de la promenade retraçant le chemin de croix ou « Via Dolorosa » et de ses 14 étapes, traversant depuis l’est de la vieille ville et la Lions Gate le quartier musulman jusqu’au quartier chrétien. Chemin qu’entreprit Jésus pour parvenir sur le lieu de son supplice et y être crucifié. Bien entendu, l’exactitude du tracé est discutable et ne peut être affirmée, mais toute la symbolique de ce cheminement n’en est pas moins palpable et réelle.

Nous avons eu une chance inouïe, de celle qui me font dire que le hasard n’existe pas tant cela parait improbable. Depuis le début de cette rencontre avec Jérusalem, l’émotion était à son plus haut niveau et je n’osais imaginer qu’elle serait à son paroxysme au coeur des murs de l’église du Saint Sépulcre. Je crois n’avoir jamais autant désiré et chéri de visiter un seul et unique lieu au monde, tant il est la pièce maitresse du puzzle de ma foi chrétienne. C’était insensé de me retrouver en ce lieu parmi cette foule particulièrement dense ce jour là. Et pour cause, nous sommes tombés PILE dans l’intervalle des 3 jours où ils ont ouvert le tombeau du Christ, pour des recherches scientifiques et des restaurations, et ont ainsi rendu accessible ce sacro-saint. Un événement unique, puisque la dernière fois remonte à plus de…deux siècles.

La vieille ville de Jérusalem est si immense, que nous ne parviendrons pas à en faire le tour comme nous l’aurions espéré et la frustration nous guette déjà de ne pouvoir y passer plus de temps, tant il y a à découvrir, arpenter, rencontrer, au fil des différents quartiers et des portes qui cercle le mur d’enceinte sans parler de tous les lieux à visiter qu’elle renferme. Ma plus grande frustration et déception restera à n’en pas douter, l’esplanade et le Dôme du Rocher dont j’avais tant étudié en licence et dont je rêvais de découvrir. Quoi qu’il en soit, au fil de la journée et de ces allées, je me serais prise de passion a immortaliser ci-et-là ces jolies devantures rencontrées !

Il y a tant de petites boutiques, de marchands auxquels s’arrêter, un véritable voyage dans le voyage comme je les aime et en voudrais plus souvent. Un dépaysement constant qui vient bousculer nos habitudes et nous faire un petit peu sortir de notre zone de confort, balayant nos incertitudes et appréhensions. Finalement, toute la richesse de la vieille ville de Jérusalem, outre son aspect religieux, réside dans cette diversité bouillonnante. Chaque recoin à son lot de surprises, son charme bien à lui; mais je crois à n’en pas douter que c’est (sans surprise!) le quartier musulman qui m’a le plus charmé avec cette ferveur constante qui vous happe, cette vie en filigrane de chaque rue, chaque marché, chaque étale, etc.

Notre escapade israélienne se finira, une fois n’est pas coutume autour d’un excellent repas à découvrir de nouvelles saveurs. Comme sur l’image ci dessous à droite, un « sofrito artishok« , plat à base de viande, artichaut, patate douce et marrons. En soi, une tuerie mais ô combien copieuse !

Vous l’aurez compris, la vieille ville de Jérusalem a été un coup de coeur immense. Une troisième et dernière carte postale dans ce voyage en Israël, haute en couleurs et à laquelle je ne m’attendais pas forcément. J’en attendais beaucoup, surtout d’un point de vue religieux, et si c’est allé au-delà de mes espérances j’ai été plus que surprise par la richesse de ces différents quartiers et surtout de l’harmonie de ce mélange de cultures et de religions. Je trouve cela ô combien fascinant et enrichissant de passer de l’une à l’autre. Jérusalem aura été à l’image de tout le voyage, une jolie porte entrouverte qui donne envie d’être poussée davantage pour en (re)découvrir encore plus. Car comme beaucoup d’entre vous à la lecture de vos commentaire (encore une fois, mille mercis pour ces derniers♡), Israël n’était pas une destination à laquelle j’aurais pensé de prime abord, et pourtant, il y a tant à y voir, tant à y découvrir bien au delà de ce qu’on peut en dire, croit en penser/savoir; si bien que j’espère pouvoir un jour avoir la chance d’y revenir plus longuement cette fois-ci et d’en profiter à sa juste valeur.


Un grand merci à  l’OT d’Israël & à Article Onze pour cette invitation rêvée, ainsi qu’à mes compagnons d’aventures (coucou Marine, Gérard et Jeremy :) ) sans qui l’aventure n’aurait pas été la même !

9 comments

  • Yohan Delalande

    mars 20, 2017

    Merci beaucoup de nous avoir partagé ton voyage dans cette ville, si mystérieuse…! Je ne suis pas croyant… Mais c’est clairement une ville que j’ai envie de visiter un jour! Est-ce que tu as pu voir l’endroit où le Christ fut crucifié? 0.0

  • Few Miles Away - Zoé

    mars 18, 2017

    Quel article magnifique, on en prend vraiment plein les yeux avec tes photos, elles sont tellement belles.
    J’aimerai beaucoup me rendre en Israel, et tu m’en donne encore plus envie avec un tel article. Je pense que je passerait des heures et des heures dans la vieille ville de Jerusalem a tout photographier, mais vu mon sens de l’orientation il y a de fortes chances que je me perde dans ces rues :)

  • Jules - Rotdenken

    mars 16, 2017

    Honnêtement, c’est vraiment difficile de laisser un commentaire à un article comme celui-ci, d’ailleurs c’est bien plus qu’un article. C’est un véritable récit, comme un livre, dont on tourne les pages. Bien qu’elle soient sublimes, comme d’habitude, les photos pourraient laisser la place au texte, tellement il est riche et exprime bien ce que tu as vécu et ressenti. Je suis sincèrement content si ce voyage t’as touché et a stimulé ta spiritualité (je n’ai pas trouvé mieux comme formulation…). Je pense que cette ville et ce pays doivent être fascinant. Le côté sécuritaire me rebute un peu, mais je suis heureux de voir qu’il n’est pas forcément palpable. Cette terre est belle et mérite le détour. J’espère vraiment qu’un jour toutes les personnes qui y vivent seront heureuses et pourront jouir d’une vie épanouissante et tranquille. La photo de l’abbaye de la Dormition au loin, avec le soleil couchant est juste… divine. Il fallait bien que je la fasse :) Bravo

  • Léonor

    mars 15, 2017

    C’est un très bel article, et je suis sûre qu’il t’a pris beaucoup de temps à rédiger donc je voulais te laisser un petit commentaire juste pour te dire que j’ai tout lu, et je l’ai apprécié à sa juste valeur :). Je ne sais pas si j’irai un jour à Jérusalem, mais merci de m’en avoir donné un si bel aperçu !

  • Aurore

    mars 14, 2017

    Les photos de cet article sont encore une fois magnifiques. On sent l’émotion dans ton récit et c’est beau ça donne envie d’y aller.

  • Mademoisellevi

    mars 14, 2017

    Je suis fan de tes photos
    Elles sont absolument INCROYABLES
    Une amie m’a souvent parlé de son voyage, mais elle n’avait pas de photos à me montrer
    Je vais lui montrer ton article incroyable
    Je n’osais pas la croire quand elle me parlait de la merveille
    Et bien je ne remettrais plus sa parole en doute
    BRAVO BRAVO pour ce beau voyage visuel que tu m’offres !

  • unadamantinderoses

    mars 14, 2017

    Magnifiques photos ! Je voudrais bien découvrir cette ville sainte de mes propres yeux et découvrir des choses que j’ai pu lire dans la bible. Bonne journée é toi !

  • Ornella

    mars 13, 2017

    Magnifique, absolument grandiose.

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